Etude double aveugle VS placebo
Étude randomisée en double aveugle versus placebo, sur l’efficacité de DONALIS dans les sécheresses vaginales (Juillet 2007)
Dr T. Richard, Gynécologue-Obstétricien Responsable de la Maternité du Centre Hospitalier François Dunan (St Pierre & Miquelon)
MATÉRIEL ET MÉTHODES 73 patientes. 2 groupes : 38 Donalis et 35 placebo. Durée 90 jours.
Critères d’inclusion :
- femmes ménopausées
- sécheresse vaginale à l’examen clinique
- rare présence ou absence totale de Bacille de Doderlein
- femmes ayant une activité sexuelle et se plaignant de dyspareunies
Critères d’exclusion :
- tout type d’infection vaginale
- THS
- Supplémentation en minéraux et vitamines anti-oxydantes, ainsi qu’en acides gras poly-insaturés.
POPULATION ÉTUDIÉE : L’étude a porté sur une cohorte de 75 patientes dont 2 ont été exclues après prélèvement initial du fait de la présence d’une infection en cours d’évolution (candidat albicans, uréaplasma uréalytica). Les 73 patientes retenues ont été réparties en 2 groupes : 38 patientes sous Donalis*,35 sous placebo. L’étude a été réalisée sur 90 jours.La posologie reçue par les patientes des 2 groupes était de 4 capsules par jour pendant 15 jours, puis 2 capsules par jour jusqu’au terme de l’étude. L’âge moyen des patientes à l’inclusion était de 57 ans. Écart type.
PARAMÈTRES MESURÉS : Au nombre de 3
- Intensité des douleurs lors des rapports sexuels
- Sécheresse vaginale évaluée lors del’examen clinique
- Etude de la flore de Doderlein.
Les critères d’évaluation retenus pour la mesure de ces paramètres s’établissent ainsi :
- Détermination de l’intensité des dyspareunies : les douleurs au moment des rapportsont été auto-évaluées par les patientes surune échelle d’intensité cotée de 0 à 5 : absence de douleur(0), douleur intense (5)
- Sécheresse vaginale évaluée lors de l’examen clinique par toucher vaginal sanslubriant, avec 3 niveaux d’inconfort :toucher douloureux et dicile, gênant ou normal
- Évaluation quantitative de la ore de Doderlein : prélèvement vaginal à l’écouvillon puis expression d’un résultat bactériologique en 3 classes- : absence (de flore), (flore) rare, (flore) abondante.
INTRODUCTION
Plus d’une femme sur six déclare souffrir de sécheresse vaginal, une sur trois à la ménopause. Ce trouble peut avoir de nombreuses conséquences : d’une part, il augmente la vulnérabilité aux infections gynécologiques et d’autre part, il peut avoir un impact psychologique pouvant retentir sur le couple et être responsable d’une baisse de libido. Si des solutions existent déjà, elles ne sont pas toujours satisfaisantes : en effet, les traitements hormonaux (dont font partie les phytohormones), n’ont pas bonne presse et sont contre indiqués notamment chez les femmes ayant des antécédents de cancer hormono-dépendant. Par ailleurs, les palliatifs locaux sont contraignants et insuffisants pour réguler l’homéostasie de la muqueuse vaginale. De plus, il ressort de récentes études (H. Mourot sept.04), que la sécheresse vaginale est associée dans plus de 74% des cas à une ou plusieurs autres sécheresses. Il est d’ailleurs bien admis que la sécheresse oculaire est un signe annonciateur de la ménopause. Il en est de même dans les sécheresses iatrogènes, ou encore certaines pathologies comme le Gougerot-Sjögren où plusieurs muqueuses sont concernées. La prise en charge de ces symptômes est aujourd’hui abordée de façon isolée, et est souvent l’affaire de spécialistes. Or dans un contexte d’atteinte systémique, il apparaît légitime de s’interroger sur l’unique approche hormonale comme réponse à la sécheresse vaginale. La mise en place de ce travail explore le rôle d’une intervention nutrithérapeutique, dans l’amélioration de « l’humeur vaginale » L’objectif de l’étude était d’évaluer l’efficacité sur différents paramètres de la sécheresse vaginale d’une formulation riche en précurseurs des prostaglandines E1.
SYNTHESE DES RESULTATS
Patientes avec population de Bacille de Doderlein abondante

Patientes avec dyspareunies absentes ou légères

Patientes avec un examen clinique normal

CONCLUSION
Dans le contexte actuel de remise en question des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause, il est important d’offrir aux femmes des traitements adjuvants pour les maux inhérents à leur statut hormonal. La vie génitale, sexuelle, continue après la ménopause et fait partie, à part entière, de la qualité de vie et de l’harmonie au sein du couple. Nous avons, dans cette optique, voulu étudier, contre placebo, l’efficacité de Donalis dans ce domaine.
Nous nous heurtions au choix des critères pour évoluer cette éventuelle efficacité, éminemment subjective.
Après réflexions, nous en avons sélectionné 3 :
A- Difficulté, gêne à l’examen clinique L’examen gynécologique, le toucher vaginal est naturellement opérateur-dépendant. Nous avons supprimé ce biais par le choix d’un opérateur unique. Les résultats (cf. graphiques) parlent d’eux même, à la fois en termes d’amélioration, de diminution de la gêne, voire de la douleur ressentie par les patientes avec Donalis, dans l’absolu et versus placebo.
B- Dyspareunies Après la gêne, la douleur à l’examen clinique, nous avons choisi le symptôme, résultat de la privation hormonale, qu’est la dyspareunie. Comme nous le voyons, ce trouble est très souvent présent, pourvu que l’opérateur pose la question, car ce symptôme est rarement évoqué spontanément par les patientes. Naturellement, ce critère est subjectif, il n’y a pas de mesure cartésienne dans ce domaine. Le résultat est explicite, après 3 mois de traitement et là encore parlant, versus placebo.
C- La flore de Doderlein Cette flore saprophyte est reconnue comme témoin de « bien être » vaginal. Devant les caractères semi-subjectifs (douleur lors de l’examen clinique) et subjectif (dyspareunie) des autres critères, il nous est apparu indispensable de disposer d’un témoin objectif pour valider pleinement notre étude. L’étude de l’abondance de la flore de Doderlein nous est apparue adéquate. Une nouvelle fois, avec Donalis, le résultat est édifiant avec une recolonisation du milieu vaginal par ce germe saprophyte après 3 mois de Donalis et là encore, versus placebo De manière très significative, les résultats obtenus sur la sécheresse vaginale par la supplémentation micro-nutritionnelle à base d’AGPI oméga 6 (GLA de l’huile d’onagre) et oméga 3 (EPA/DHA d’huile de poisson), ainsi que d’antioxydants, relèvent d’une amélioration de la trophicité de la muqueuse. En termes de sécrétion muqueuse on peut avancer l’hypothèse d’un effet marqué des intermédiaires AGPI oméga 6 issus de l’huile d’onagre. En effet sur la base des travaux de Horrobin, l’apport d’acide Gamma Linolénique GLA, conduit via l’acide dihomogammalinolénique aux prostaglandines de type 1 (PGE1) dont l’action prosécrétante a été évaluée sur maints modèles cellulaires. Ces PGE1, en synergie avec la vitamine B6 (cofacteur de multiples enzymes de l’anabolisme tissulaire), contribuent à l’amélioration de la synthèse des mucopolysaccharides (ou glycosamino glycannes), constituants principaux des sécrétions glandulaires en général, vaginales en particulier. Leur effet anti-inflammatoire, du à une inhibition partielle des cyclo-oxygénases à l’origine des médiateurs pro-inflammatoires (PGE2 et PGF2 alpha), renforce la capacité sécrétoire des glandes muqueuses. Ainsi l’huile d’onagre, conjuguée aux effets des antioxydants (sélénium, vitamines C, E et béta corotène) contribue à la réduction d’une situation inflammatoire chronique de la muqueuse vaginale, probablement liée à un état immunitaire général défaillant. Cet argument est soutenu par l’observation très nette de l’amélioration de la flore de doderlein, saprophyte et bénéfique pour l’état trophique de la muqueuse.
